Débat national sur les énergies : les associations lancent le leur

Novethic.fr, 11/02/03
Le mercredi 19 mars 2003.

Elles sont sept associations à s'être regroupées pour organiser ce qu'elles appellent " le vrai débat ". Agir pour l'environnement, Sortir du nucléaire, le Réseau Action Climat, France Nature Environnement, Greenpeace, les Amis de la Terre et le WWF estiment en effet que " le débat officiel n'apportera vraisemblablement pas au public et aux responsables politiques nationaux et locaux d'éclairage différent que celui du nucléaire ". " Le gouvernement nous propose un cours magistral sans réel débat, sans pluralité des intervenants, des thèmes et des temps de parole, explique le porte-parole d'Agir pour l'Environnement. C'est donc aux ONG de présenter les alternatives existantes en matière d'énergie et amener la contradiction dans ce faux débat ". Le collectif reproche au gouvernement d' instituer un débat " de justification de l'énergie nucléaire " , ayant pour seul but de " réconcilier les français avec cette énergie ". Le Réseau Sortir du Nucléaire, qui récuse totalement le débat officiel, a décidé de ne pas y participer. " Les dés sont totalement pipés, explique Stéphane Lhomme, représentant de l'association. La question de la sortie du nucléaire n'est même pas abordée. En outre, le débat du gouvernement avec les citoyens se déroule comme par hasard en semaine, pendant que la France d'en bas travaille. C'est un alibi démocratique ! ".

Un débat " franco-français "

Greenpeace, qui fait également partie des associations sélectionnées par le gouvernement dans le comité consultatif, affirme " pour le moment vouloir rester dans le débat officiel ", mais s'interroge sur l'éventualité de son retrait. " L'aspect international de la question énergétique est totalement occulté, tout comme celle des énergies renouvelables, affirme Hélène Gassin, chargée de mission sur le climat chez Greenpeace. L'exemple de l'Allemagne, qui a décidé de sortir du nucléaire et de réduire sa consommation énergétique, n'est pas abordé. Il n'y a pas d'évaluation de ce modèle ni de projection sur la France ". Outre la dénonciation de l'aspect " franco-français " du débat, les associations reprochent au gouvernement de réduire le problème de l'énergie à celui de l'électricité, et d'éviter le sujet du transport, qui " dépend à 98% du pétrole et pose la question des émissions de gaz à effet de serre ". Pour que " les français se réapproprient la politique énergétique ", un site - portail (vrai-débat.org) , défini par le collectif comme le " lieu privilégié de l'information alternative au discours dominant " diffuse en ligne différentes études et publications sur la question énergétique et invite le public à participer à journées d'information qui se tiendront du 25 février au 14 juin dans les grandes villes de France. La première, qui se déroulera à Paris, sera consacrée aux expériences belge, allemande et suisse.

Véronique Smée Mis en ligne le : 11/02/2003


[
Répondre à cet article
]

Forum de l'article